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Marché du travail: La croissance encore plus pauvre en emplois!

L'ECONOMISTE.com | 13 Février 2017
Actualité Maroc | AmalJOB
Un point du PIB génère six fois moins de postes qu’il y a vingt ans
Coût de la main-d’œuvre, rigidité du marché du travail, profils inadéquats, gains de productivité,…
La stratégie nationale pour l’emploi toujours pas activée, alors que la situation empire!
En 2007, la croissance enregistrée de 2,7% a permis de créer 128.000 emplois nets, soit 47.407 par point du PIB. En 2015, même avec 4,5% de croissance, seulement 33.000 postes ont été générés, soit 7.333 par point du PIB. La situation la plus critique a été notée en 2012. Une année pour le moins difficile, marquée par des conditions climatiques défavorables, un ralentissement de la demande mondiale adressée au Maroc, ainsi qu’un recul des recettes touristiques et des transferts des MRE. Cette année là, où le Maroc a fini par être rattrapé par les effets de la crise de 2008, uniquement 1.000 emplois nets avaient été créés, grâce au seul secteur des services, désormais principal employeur du Maroc.  

L’économie marocaine crée de moins en moins d’emplois. Ce n’est pas un scoop, diraient certains, vu la morosité de la conjoncture et la faiblesse de la croissance. En 2016, une perte nette de 37.000 postes a même été enregistrée, selon les derniers chiffres du HCP, contre une création moyenne d’environ 55.000 par an entre 2011 et 2015. 
Cependant, il ne s’agit pas seulement d’une question de conjoncture ou de performance économique. Paradoxalement, un point du PIB engendre aujourd’hui six fois moins d’emplois qu’il y a vingt ans. Près de 7.300 postes ont ainsi été générés par point du PIB en 2015 (voir illustration), contre une moyenne de 40.000 dans les années 90. Quelles sont les raisons derrière cet effondrement tendanciel du contenu en emploi de la croissance? 
Il s’agit, d’abord, d’une question de modèle économique. Jadis, le facteur travail représentait le principal moteur de croissance de l’économie marocaine. Mais ces dernières décennies, le Maroc a plus basé sa création de richesse sur l’accumulation de capital physique (bâtiments, équipements et bien durables permettant de produire des biens et services). Et il a lourdement investi, avec un taux d’investissement supérieur à 30% du PIB, l’un des plus élevés au monde, contre une moyenne de 22% durant les années 90. 
«Nous remarquons, effectivement, que la corrélation entre l’emploi et la croissance est moins importante qu’avant. Cette tendance peut s’expliquer principalement par la faible réactivité de l’emploi de la population jeune à la croissance. Selon nos estimations actuelles, chaque point de pourcentage de la croissance du PIB est associé à une progression de l’emploi de 0,36 point. Ce seuil est inférieur à la moyenne de la région Mena, estimée à 0,5 point», avance Anta Ndoye, économiste travaillant sur le Maroc au FMI. La faible participation des jeunes et des femmes fait ainsi partie des principaux facteurs derrière le recul de l’emploi (voir article page VI). Elle justifie en grande partie le repli de la part de la population active occupée (42% en 2016 contre 48% en 2000). 
«Ceci s’explique également par l’augmentation relative de la productivité de l’économie marocaine depuis les années 90», estime, pour sa part, Jean-Pierre Chauffour, économiste principal Maroc de la Banque mondiale. En effet, durant la dernière décennie, une hausse de la productivité globale des facteurs a été relevée, notamment depuis 2000. Cela signifie qu’il est possible de produire plus avec moins de moyens mobilisés. Toutefois, ce gain de productivité demeure très faible par rapport à la moyenne de la région Mena, et ne représente qu’environ 15% de la croissance (FMI, 2013). 
Le phénomène trouve, en outre, son origine dans le coût du travail. «Par rapport aux pays voisins, le Maroc possède l’un des salaires, minimum à moyen, les plus élevés, ce qui impacte de manière négative l’emploi, spécialement des femmes et des jeunes», relève le dernier rapport du FMI sur le Maroc, publié vendredi dernier. Le document stipule que le Royaume pourrait réduire le taux de chômage de 5 à 20%, et le nombre de travailleurs informels de 20 à 75%, avec une baisse de 10 à 25% du salaire minimum, et de 5 à 15% des charges sociales (Angel-Urdinola et Al., août 2016). 
S’ajoutent à cela la rigidité du marché du travail, à la fois en matière d’embauche et de licenciement, et l’incompatibilité entre les besoins des employeurs et les compétences disponibles. «La majorité des étudiants marocains suivent des études en sciences sociales au détriment des parcours techniques, ce qui conduit à des inadéquations», souligne le rapport du FMI. «Sans compter les évolutions technologiques rapides qui tendent à supprimer les emplois les moins qualifiés et les moins productifs», rajoute Chauffour.
A l’avenir, même avec des taux de croissance plus importants, le potentiel en création d’opportunités de travail se verrait réduit. Néanmoins, il est possible d’améliorer le contenu de la croissance en postes de travail, grâce à des mesures concrètes. Pour l’heure, rien n’est fait. La stratégie nationale pour l’emploi, présentée en décembre 2015, est toujours dans les tiroirs. 

Comment créer plus de postes

De manière générale, le FMI recommande des politiques structurelles, afin de réformer la réglementation liée au marché du travail (embauche et licenciement), et d’améliorer le climat des affaires. L’organisme souligne également la nécessité d’une «réaffectation efficace de la main-d’œuvre aux usages les plus productifs», sans oublier la protection des travailleurs. «Dans le cas du Maroc, je voudrais insister sur le fait que les réformes seront essentielles à la fois pour accroître la réactivité de l’emploi à la croissance et pour élever le niveau de croissance à long terme. Ces deux facteurs joueront un rôle clé pour absorber les nouveaux arrivants sur le marché, en particulier les jeunes, et pour réduire considérablement le taux de chômage», précise Anta Ndoye. 
«Notre analyse montre que le pays devrait se concentrer sur la rationalisation des réglementations commerciales. Par exemple, l’enregistrement des biens, l’exécution des contrats et le paiement des impôts. Ainsi que sur la promotion de la concurrence et la lutte contre la corruption, qui allégeraient les contraintes pour la création d’emplois, la productivité et la croissance. Une plus grande flexibilité du marché du travail est également nécessaire», poursuit-elle. L’économiste insiste, en outre, sur la réforme du système éducatif, de manière à réduire cette inadéquation entre le vivier de compétences et les attentes des entreprises. Enfin, l’accent est mis sur la participation des femmes au marché du travail qui reste trop faible (inférieure à 25%). 

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