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Emploi: Découragés, les femmes, les jeunes et les diplômés quittent le marché

L'ECONOMISTE.com | 13 Février 2017
Actualité Maroc | AmalJOB
Le recul du taux de chômage à 9,4% cache un décrochage du taux d’activité
Perte de 37.000 emplois nets

Source: HCP

Le phénomène du sous-emploi prend de l’ampleur. Les postes créés n’ont pas un contenu en «compétences» élevé ou qui correspondent à la demande sur le marché.

La baisse du taux de chômage aurait constitué une bonne nouvelle si elle émanait de l’amélioration de l’emploi. Ce qui est loin d’être le cas. En 2016, le chômage a baissé de 0,3 point s’établissant à 9,4% sous l’effet du recul du taux d’activité d’un point. Ce dernier s’est établi à 46,4%. Ce taux a marqué un retrait important au cours des dernières années. En 1999, il était à 54,5%. 

Les jeunes, les femmes et les diplômés sont découragés et basculent vers l’inactivité. Certains diplômés reprennent les études en espérant  une amélioration du marché de l’emploi. Dans le cas des femmes, le taux d’activité a toujours été moins important que celui des hommes et la situation ne s’est pas arrangée en 2016: 23,6% contre 24,8% en 2015. 
Ces chiffres cachent des disparités entre les milieux rural et urbain. Le taux d’activité des femmes est plus faible dans les villes à peine 16,6% en 2016 contre 17,4% en 2015.  Cet indicateur est scruté puisqu’il renseigne sur la dynamique économique. «Le faible taux d’activité des femmes pèse fortement sur la dynamique de croissance», soulignent  Bank Al-Maghrib et le Conseil économique social et environnemental dans le rapport sur la richesse globale (www.leconomiste.com). 
Avec un taux d’activité en recul respectivement de 2 points et de 1,5 point, les  15-24 ans et les diplômés ne sont pas mieux lotis. Or, il s’agit d’une population dont les attentes sont importantes et les différents programmes ne parviennent pas à répondre à toutes les demandes. 
La baisse du taux de chômage n’est donc pas attribuable à une reprise de l’emploi, mais à un découragement des chômeurs qui renoncent à chercher activement un emploi.
A fin 2016, le Maroc comptait 1,1 million de chômeurs dont une part importante est constituée de jeunes  âgés de 15 à 24 ans (22,5%)  et entre 25 et 34 ans (13,5%).  Les données de l’enquête  sur le marché du travail du Haut commissariat au plan indiquent aussi que les femmes et les diplômés sont à des taux de chômage dépassant la moyenne nationale de plusieurs points. Le chômage des diplômés est 4,4  fois plus important que celui des non diplômés.  
Marquée par la sécheresse, l’année 2016 s’est terminée sur un taux de croissance de 1,2%.

Il est vrai que le contenu en emplois de la croissance n’est pas important, mais cette année en particulier l’économie a perdu 37.000 postes nets. Cela est le résultat de la disparition de 63.000 emplois dans les campagnes alors que les villes en ont enregistré 27.000.   
Ces créations émanent de tous les secteurs à l’exception de «l’agriculture, forêt et pêche» qui a enregistré 119.000 pertes. Ce qui correspond à un recul de 2,9% du volume de l’emploi de ce secteur. L’effet sécheresse  s’est donc fait sentir sachant que les secteurs non agricoles ne sont pas parvenus à compenser les pertes enregistrées dans l’agriculture. 

Source: HCP

La mauvaise campagne agricole a pesé sur l’emploi. Dans l’agriculture, 119.000 postes ont été perdus. Les services, l’industrie et les BTP ont créé de l’emploi mais pas suffisamment pour compenser les pertes.

Dans les services, 38.000 nouveaux postes sont enregistrés. Un niveau qui reste inférieur à la moyenne annuelle des années 2011-2013. Depuis 2015, ce secteur a connu un léger «essoufflement» en matière de création d’emplois. En tout cas, les nouveaux postes émanent surtout de l’informel: 29.000 dans la branche des «services personnels et domestiques» et  8.000 dans le «commerce de détail hors magasin»! 
Les BTP ont généré 36.000 emplois, soit le double des postes créés en 2015. Un léger mieux après les pertes des années 2012 et 2013 et la stagnation de 2014.

La reprise des BTP a également influencé certaines branches relevant de l’industrie et l’artisanat.  A lui seul, le  «travail du bois et la fabrication d’articles en bois» a créé 6.000 emplois portant ainsi les nouveaux postes dans l’industrie à 8.000. Ce secteur avait perdu en moyenne annuelle 22.000 postes durant la période 2009-2014. 
Cette baisse du taux de chômage cache aussi un autre phénomène, celui du sous-emploi qui touche 1,2 million de personnes. Il est à 10,2% dans les villes et à 12,4% dans les campagnes. Cela s’explique par une offre de travail peu exigeante en compétences renvoyant aussi à la difficile transformation du tissu économique. Au niveau national, le taux de sous-emploi des hommes représente le double de celui des femmes (6,2%). Dans les villes, ils sont à des niveaux égaux. En revanche, dans le rural, le sous-emploi des hommes est 5 fois plus important que celui des femmes.

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