Vendredi 21 Nov 2008

 

Promotion de l'emploi : Un défi majeur pour le Maroc

Le défi majeur pour un pays comme le Maroc est de réaliser à la fois des gains de productivité et de promouvoir l'emploi en développant des activités à forte intensité des compétences scientifiques et techniques, a affirmé, vendredi à Fès, Mustapha Mansouri, ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle.





"Pour accompagner la réalisation des chantiers stratégiques, le gouvernement a mis en place un programme de formation de 10.000 ingénieurs à l'horizon 2010 dans les différents domaines scientifique et technologique", a rappelé M. Mansouri à l'ouverture des travaux d'un colloque international organisé sous le thème "Progrès technologique, productivité, compétitivité et croissance économique", par la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Fès et le forum des économistes marocains.

Conscient de cette exigence et dans le but de préparer le Maroc à relever les défis de la mondialisation et de la compétitivité, le gouvernement, a-t-il dit, a engagé une politique économique visant à consolider les équilibres macroéconomiques renforçant l'attractivité du pays vis-à-vis de l'investissement étranger, moderniser les réseaux d'infrastructures de base pour les mettre au niveau des normes et standards internationaux, et promouvoir le tissu productif tout en renforçant sa compétitivité à travers notamment la mise en place d'une stratégie industrielle fondée sur le développement des nouveaux métiers mondiaux.

La croissance économique ne peut à elle seule résoudre la problématique de l'utilisation de l'offre potentielle, a-t-il poursuivi, précisant que c'est la raison pour laquelle le gouvernement a mis en place une politique proactive et volontariste visant l'insertion de 200.000 jeunes à l'horizon 2008 dans l'emploi salarié et l'auto-emploi.

Par ailleurs, avec le processus de la mondialisation des marchés des biens et du travail, le développement des avantages compétitifs de long terme reposera essentiellement sur l'acquisition de compétences et des processus d'appropriation technologique, l'adoption de nouvelles méthodes de production et de modes de régulation du marché du travail adaptée à ce contexte, a estimé M. Mansouri qui a évoqué les travaux de grands économistes pour rappeler que le capital humain est reconnu comme un facteur déterminant de la maîtrise technologique et de la croissance économique.

Le ministre a mis l'accent sur l'augmentation de la demande des ressources humaines en sciences et technologie dans un grand nombre de pays notamment ceux de l'Ocde où l'emploi des spécialistes dans ces domaines représente entre 25 et 35% de la population active.

Farissi Serghini, doyen de la Faculté des sciences Juridiques économiques et sociales de Fès, a, quant à lui, mis en exergue la concordance entre le thème du colloque et la stratégie du ministère de l'emploi et de la formation professionnelle.

Pertinent et ambitieux, le thème, une véritable boîte à outil de la science économique, sera débattu deux jours durant, par des responsables politiques, des professionnels de haut niveau ainsi que des universitaires marocains et étrangers.

Le responsable du forum des économistes marocains a, pour sa part, estimé que la mondialisation a été une source de changement, faisant part du consensus général selon lequel le progrès technologique est un facteur déterminant de la croissance économique et que les axes de cette rencontre formule explicitement plusieurs questions qui seront débattues par les participants.

Les travaux de cette rencontre se sont poursuivis par plusieurs interventions notamment celle du professeur Mohamed Alami Machichi (Faculté de droit Rabat-Agdal) portant sur "l'environnement juridique de la croissance ".

L'intervenant a ainsi évoqué les principes fondateurs notamment de la liberté du commerce et de l'industrie, de garantie de la propriété privée, la charte des investissement, rappelant que le Droit constitue une partie fondamentale de l'économie, et que la relation organique existant entre ces deux grandes sphères du Savoir n'a pas toujours un caractère unilatéral.

Le droit, selon lui, traduit une reconnaissance légale, sociale et politique du phénomène économique. Etant une véritable police, il détermine les domaines licites à l'activité économique et précise les champs où l'activité économique ne peut avoir lieu.

L'économie, de son côté, a bien besoin d'un environnement juridique adéquat qui se constitue sur la création notamment d'un système approprié.


Le 14/05/2007 - MAP