Mercredi 7 Janvier 2009

 

Jamais de colère au bureau !

Il faut trouver et déminer les situations qui provoquent ces débordements d'émotion


L'avis du salarié

Jeune responsable formation dans une filiale d'un groupe de distribution, j'ai été embauché il y a six mois. Tout irait pour le mieux si je n'avais un patron colérique. Dès la première rencontre, j'ai compris qu'il était soupe au lait. Impression confirmée lorsque je l'ai vu, par deux fois, sermonner un collègue. J'aimerais savoir comment réagir si une telle chose m'arrivait. D'autant qu'il y a une grosse pression sur le service avec la remise à plat complète du plan de formation.

Le conseil

Votre patron est peut-être stressé. De là en en conclure qu'il est colérique? Avant d'aboutir à ce jugement, demandez-vous si vous ne commettez pas une erreur d'attribution, qui consiste à cerner la personnalité d'un individu sur la base de comportements ? colère ou joie ? extraits de leur contexte. Un professeur jugera, par exemple, une classe « agitée » parce que ses cours ont lieu le matin, tandis que son collègue, en début d'après-midi, l'estimera « endormie ». Analyses hâtives qui débouchent immanquablement sur une erreur de jugement. Deux questions doivent réellement trouver une réponse : quelles sont les circonstances exactes qui ont poussé votre patron à s'emporter ? Pourraient-elles être évitées à l'avenir ?




L'avis du boss

J'ai commis deux erreurs. Quelques semaines après l'arrivée de mon collaborateur, j'ai craqué par deux fois devant un de ses collègues qui m'en faisait voir de toutes les couleurs ­depuis des mois. Ce qui ne m'arrive jamais ! Je l'ai tancé ­rudement. Chaque fois, le responsable de la formation était là. Depuis, il me regarde d'un ?il que je n'aime pas. J'ai envie de le secouer pour lui dire qu'il se trompe sur mon compte.

Le conseil

D'abord, il n'est jamais bon de se mettre en colère. L'emportement est la démonstration que l'on vous a manqué de respect, et qu'en retour vous vous octroyez le droit de manquer de respect à autrui. Cette attitude est incompatible avec les exigences de sociabilité de la vie de bureau. L'autre piège de la colère est encore plus insidieux : c'est une attitude à laquelle, de crise en crise, on s'abandonne de plus en plus facilement. Prenez garde à ce cercle vicieux ! Vous avouez lucidement avoir commis deux erreurs. Le mieux est de travailler sur ces colères. Par quoi ont-elles été réellement provoquées ? Pourquoi ces faits ont-ils suscité de tels emportements ? Des questions auxquelles un coach vous aiderait à répondre.


Le 24/02/2007 - Challenges.fr